L'art en général, la musique en particulier

Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 15:05

  Pour la nième fois, je me retrouvais mardi soir dernier, mais au premier rang cette fois, devant l'extra terrestre de la guitare, ce bon et souriant Pat, au Fémina de Bordeaux pour deux heures et demie d'un voyage que je n'oublierai pas de si tôt; ça commence plutôt bien puisque je retrouve mon guitariste avec le son magique et le phrasé inimitable, dans un exercice qu'il connait bien et qui consiste à jouer tout seul les jolis thèmes qu'il a concoctés pour ses divers partenaires. Il faut dire que, devant un taps orange pisseux, se trouvait un étalage digne de figurer au B.H.V. ou dans l'antre du Dr. Frankenstein, fait de marimbas et vibraphones auxquels il avait adjoint une mécanique de marteaux télécommandés, ressemblant à des instruments de torture figurant dans une pièce d'aveux spontanés. Au bout d'un moment, se mit en marche une espèce de  "charley" minuscule et luminescente ressemblant plutôt au robot de "STAR WAR" qu'à un accessoire de batterie... Je craignais le pire. C'est là tout le génie de notre missourien : il commençait doucement et avait décidé de monter en puissance puisqu'un moment plus tard, le stap pisseux se soulevait et nous laissait pantois devant ce bric à brac qui montait jusqu'aux cintres au risque de réveiller le pompier de service qui dormait du sommeil du juste. Il y avait de tout, des "micellaneous" genre brésilien aux grosses-caisses, cymbales et tumbas diverses, le tout actionné électroniquement au gré des interventions millimétrées de leur concepteur, aidé par une équipe invisible dans les coulisses. Le pire n'arriva pas et notre Professeur Nimbus se lança dans une démonstration technique dans laquelle on était heureux de retrouver le grand guitariste qui avait enchanté nos jeunes années; à 50 piges passées ce gamin restait surprenant tant par son aisance, sa générosité, son attention soutenue au déroulement harmonieux de tout ce qui fonctionnait préalablement programmé et ses improvisations toujours aussi brillantes.  2 heures 30, seul sur une scène avec son attirail pour seul partenaire, il fallait le faire et je m'incline profondément sur sa capacité mnémonique dont n'est jamais ressortie une seule faille, mis à part, les quelques prises qui avaient décidé de jouer la cessession, très vite remises à leur place sans que notre héros ne succombe à une seule défaillance. Au bout de deux heures, une envie pressante me fit me tortiller sur mon siège délicatement réparé avec des noyaux de pêche (c'est l'âge, mon pôv' mossieur) je décidais d'aller satisfaire et, revenant, je le retrouvais recroquevillé sur sa guimauve occupé à jouer, comme au début, une des jolies ballades dont il a le secret. Emerveillé, enthousiasmé avec, cependant quelques petits bémols dont le premier qui me parait irréfutable : Le swingne peut être qu'humain et si dans le binaire ou le brésilien, il était acceptable, dans le jazz ternaire je me refuse catégoriquement à l'admettre s'il est diffusé par de l'électronique; on peut essayer, avec nos logiciels Finale, Encore, Cubase ou Sibélius, de cliquer sur "swing effects", on n'y fera rien, ça ne swingue pas.Enfin, le piano ne "sonne" que sous les doigts des pianistes. Qu'on se le dise, le jazz sera toujours physique ou ne sera pas. Autre bémol : j'aurais apprécié qu'à la fin du spectacle, ce "poor lonesome cow-boy" invite son équipe à venir trouver la récompense de tant d'efforts et de professionnalisme devant la "standing ovation" d'une foule en délire. Ceci posé, je reste un inconditionnel amoureux de sa complicité avec Brad Mheldau, dans un disque récent, alors qu'il a eu des partenaires aussi prestigieux que Gary Burton, Michael Brecker, Herbie Hankok, Ornette Coleman, Charlie Haden,  Chick Corea, célébré par Kurt Elling et Bob Mintzer et tant d'autres que j'oubie ou ignore. Merci encore à Barney Kessel, Jim Hall, Wes Montgomery, Joe Pass (et j'en passe) dont il est le digne successeur. Ce parfait musicien est pour moi le plus grand guitariste de notre temps et l'un des plus grands jazzmen de toute l'histoire du jazz.

Par JEAN COURTIOUX - Publié dans : L'art en général, la musique en particulier
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 16:48

  Je viens de recevoir ma carte d'adhérent pour 2010 à UZESTE MUSICAL. C'est le N° 94; je suis heureux d'être le 94° foldingue à cotiser pour un foldingue et l'on ne m'ôtera pas de l'idée que les imbéciles qui prennent Bernard pour un activiste ( bon musicien, mais activiste, entend-on dire ou écrire) ignorent peut-être qu'il est aussi bon musicien que piètre activiste. Il se bat tel Don Quichotte, contre des moulins (souvent à parole, et quelle parole) pour faire comprendre que seule la "TELE" ne peut faire office de culture, voire contre culture; la conception de celle-ci étant actuellement de viser au ras des paquerettes nous sert ou des séries américaines éculées dont seul le premier épisode est généralement récent, les autres - qui nous rendent captifs, à 21 h. 30, tous les programmes sont commencés, alors on reste sur  la chaîne, faute de mieux, et on s'enquille les vieux rogatons qu'on a vus et revus des dixaines de fois - soit des inepties, des jeux à la c..., des séries dramatiques "françouaises" ni faites ni à faire, avec des comédiens courageux, voire talentueux, certes, mais c'est si vite fait sur le gaz que ça ne vaut pas un clou d'autant plus que, comme on manque totalement d'imagination ces dramatiques sont toutes faites "à la manière de..." et ressemblent à tout. Ah, merci encore Bernard, de continuer à être le poil à gratter, la mouche du coche, l'emmerdeur qui fait travailler les neurones; merci encore de te mouiller jusqu'au cou pour t'endetter, à 60 piges passées, afin d'édifier, tel Wagner à Bayreuth, ton propre théâtre uzestois, uzestien, uzestique. On viendra souvent  polluer  ton air encombré des relants de confits de canard; LE JAZZ EST ON DON DE SOI, je le répète comme je te le disais il y a 30 ans et c'est pour ça que je te souhaite, contre vents et marées de la connerie humaine (Max Frich, dans Biederman) bon courage et bonne renommée. 

Par JEAN COURTIOUX - Publié dans : L'art en général, la musique en particulier
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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 09:49

   Il ne se passe pas un jour sans que j'entende des présentateurs, journalistes, enquêteurs, proférer des énormités culturelles qui dénotent bien la carence actuelle de notre société en matière de culture en général, de musique en particulier. Vous voulez la petite dernière ? Je vous la donne, Emile !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
(je m'arrête là, mais je pourrais remplir la page).

   Hier, dimanche, au journal de 13 heures d'Antenne 2, j'ai appris, par le biais d'un hommage rendu à Maurice Béjart, que l'OISEAU DE FEU avait été créé à Paris en 1971. Je ne voudrais pas qu'on me taxe de jouer sur les mots; bien entendu que cette création était donnée dans le contexte d'une chorégraphie de Béjart. Mais j'aurais aimé que la journaliste de service donna quelques informations (qui me paraissent indispensables sur le plan pédagogique autant qu'informatif) sur le ballet et son auteur. Or rien de tel, j'attends encore de savoir QUI A ECRIT L'OISEAU DE FEU.
Comme je sais tout, je ne voudrais pas vous faire mourir idiots.

    L'OISEAU DE FEU, ballet en deux scènes, a été écrit en 1910, d'après un conte russe, par IGOR STRAVINSKI, l'un des trois ou quatre plus grands musiciens du XX° siècle avec Bartok, Prokofiev, Messiaen. Il fut créé au Théâtre des Champs Elysées la même année, un anavant PETROUCHKA, trois ans avant LE SACRE DU PRINTEMPS du même auteur. La chorégraphie était de Fokine et ce sont les BALLETS RUSSES de Serge de Diaghilev qui le dansaient. Ce commentaire n'eut pas pris trop de temps au présentateur de la Chaîne et, au moins, beaucoup de téléspectateurs auraient pu mettre l'évènement actuel en perspective.
   Je crois justifié mon Nième coup de gueule par le fait récurrent que ce cas dit "d'oubli" (pour ne pas être trop méchant)  est loin d'être le premier. Surveillez les propos de nos véhiculeurs d'information de tous poils et vous chercherez en vain qui a écrit La Tosca, la Neuvième, le Bolérod'ravel, le Clavecin bien tempéré, etc...
 Enfin, je me pose la question de savoir si un Directeur de Chaîne ou d'information possède suffisamment de culture pour se permettre de faire des observations à leurs employés et collaborateurs pour que cette négligence ne se renouvelle pas.

Par JEAN COURTIOUX - Publié dans : L'art en général, la musique en particulier
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